ANIMAUX NATURALISÉS
Le musée possède une collection d’animaux naturalisés de différents pays constitué à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle.
L’ancienne salle d’histoire naturelle était conçue à l’image des salles d’exposition des muséums, selon les critères d’Ornitophilus (fin du XIXème siècle) ; les règles de présentation établies s’avéraient très strictes. Les armoires entourant la salle devaient mesurer deux mètres cinquante de haut et un mètre de profondeur. On y exposait les oiseaux, les mammifères, les reptiles, les batraciens et les curiosités naturelles. Les grands mammifères se trouvaient au centre de la salle, de même que les meubles contenant les collections d’insectes et de papillons. Chaque représentant de la faune devait être accompagné d’une étiquette où l’ordre, la famille et le genre étaient inscrits, de même que le nom courant.
Deux personnalités principales ont contribué à l’élaboration de cette collection. Tout d’abord, Dominique CHAIX (1730-1799), qui fut prêtre dans le département. Véritable « l’homme des Lumières », il y découvrit la botanique et participa rapidement à l’avancement de la science de la nature en déterminant de nombreuses plantes. Le musée conserve des fragments de son herbier et surtout de son surprenant « herbier d’oiseaux » qui comprend cinq volumes. Plusieurs présentations de l’animal y sont figurées, chacune dans une attitude différente, afin de permettre aux lecteurs ou aux visiteurs de l’étudier de façon approfondie.
La seconde figure scientifique de cette collection est Léon OLPHE – GALLIARD (1825-1893) qui fut un passionné d’ornithologie. Il consacra une grande partie de sa vie à réunir des manuscrits et des ouvrages sur le sujet. À sa mort, il légua au musée sa bibliothèque scientifique et sa série d’animaux naturalisés que l’on peut admirer en partie aujourd’hui. L’importance de sa collection fut un argument décisif pour la construction du musée départemental en 1902.
La plupart des animaux présentés actuellement proviennent des collections constituées au début du siècle. On peut y voir de nombreuses espèces exotique, un superbe ensemble de papillons et des spécimens naturalisés de la faune alpine.
LA MARMOTTE (marmota marmota)
Ordre des Rongeurs.
On rencontre la marmotte dans les pâturages alpins, généralement entre 1200 et 2700 mètres d’altitude, sur les pentes exposées au sud. Sa longueur totale est de 57 à 90 centimètres. Son poids varie de 4,5kg à 7kg en automne, et de 2,8kg à 3,3kg au printemps, à la fin de l’hibernation. Ces rongeurs vivent en colonies constitués de couples et de leurs descendants. Chaque famille possède son propre territoire où elle creuse des terries destinés à l’hibernation.
Les galeries longues parfois de trois mètres mènent à une chambre d’un tapis de foin. Avant les premières neiges, les marmottes ferment l’entrée de leur terrier avec de la terre et de la paille. Pendant l’hibernation leur organisme vit au ralenti, puisant dans ses réserve de graisse jusqu’au printemps.
La saison de reproduction se situe d’avril à mai. La gestation dure trente cinq jours et les portées sont de trois à quatre jeunes qui seront élevés jusqu’à l’âge de quatre mois, c’est-à-dire, au moment de l’hibernation. Ce rongeur est herbivore. Son alimentation est constituée de feuilles, de tiges, de bulbes, de racines et de tubercules des prairies alpines.
LE CHAMOIS (rupicapra rupicapra)
Ordre des artiodactyles.
Cet animal de haute montagne fréquente les alpages, les éboulis et les forêts.
Il vit en troupe sur un domaine de 4,5km² environ et mesurent de 75 à 85 centimètres. Son poids varie entre 20 et 50kg (la femelle est plus petite et plus légère). Son pelage d’été est fauve et court, celui d’hiver est brun foncé et long. Mâles et femelles portent des cornes. Celles des femelles sont plus fines et moins recourbées.
Pendant la saison du rut (à la fin de l’automne), les combats que se livrent les mâles sont souvent violents. Le vainqueur conquiert ainsi le plus grand harem. La gestation dure six mois. Au moment de la naissance, les femelles s’isolent pour mettre bas un seul petit, sevré vers six mois. Le cabri suit très rapidement sa mère à travers les falaises et les éboulis. Les sabots des chamois sont particulièrement adaptés aux exigences de l’escalade : les bords dus permettent de s’accrocher aux rochers et leurs soles épousent les supports. Leur alimentation est fonction des saisons, descendant parfois très bas dans les vallées pour y trouver de la nourriture. Elle est composée de graminées et d’herbacées, des pousses de conifères, de mousses, de lichens et d’écorces.
LE LIÈVRE VARIABLE (lepus timidus)
Ordre des Lagomorphes.
Comme son nom l’indique, le pelage du lièvre variable change suivant les saisons. Véritable relique de l’époque glaciaire, son poil brun en été (sauf la queue qui reste blanche) devient blanc en hiver, à l’exception des bouts des oreilles qui sont noirs en permanence. Il vit en 1200 et 3000 mètres et fréquente aussi les forêts de feuillus et de conifères. Actif au crépuscule et la nuit, il vit seul ou en petit groupe. Il gîte entre les rochers et les racines ou dans les buissons.
La période de reproduction se situe de février à août et la gestation dure quarante deux jours. Les femelles ont deux à trois portées par an, donnant naissance de deux à cinq petits. La mère allaite pendant une semaine. Puis, les jeunes commencent à manger des plantes pour être totalement sevrés à l’âge de trois semaines.
Herbivore, son alimentation est composée de graminées et de légumineuses des prairies alpines. Il mange des écorces, des mousses et des lichens. Comme le lièvre commun et le lapin de garenne, après avoir mangé des plantes, il émet de petites boulettes (caecotrophes) qu’il récupère directement et qui sont digérées une seconde fois.
LE HIBOU GRAND DUC (bubo bubo)
Ordre des Strigiformes.
Le hibou Grand duc est l’un des plus puissants oiseaux de proie nocturne d’Europe. Il fréquente les forêts profondes des massifs montagneux. Il niche jusqu’à 1900 mètres d’altitude en s’installant dans une falaise, au pied d’une paroi (au sol ou au pied d’un rocher) ou sur d’anciens sites de rapaces.
Sa longueur est de 70 centimètres. Le poids varie de 1,8kg pour le mâle à 2,7kg pour la femelle. Ses grands yeux oranges lui confèrent une perception hors pair. Son alimentation varie suivant les ressources locales. Il peut se nourrir de corvidés et de rapaces, de mammifères (hérissons, lapins et autres rongeurs) et parfois de batraciens et de poissons.
Le Grand Dis est sédentaire, vivant en couple sur un territoire de chasse d’environ 10 à 20km², selon la richesse de la faune. La femelle pond de mi-mars, deux à trois œufs qu’elle couve pendant trente cinq jours environ. Les poussins aptes au vol vers dix semaines, restent en famille jusqu’en octobre.
L’AIGLE ROYAL (aquila chrysaetos)
Ordre des Falconiformes.
L’aigle royal est un des plus imposants rapaces de notre région. Sa longueur (92 centimètres), son poids (de 3,7 à 5,3kg) et son envergure (de 188 à 227 centimètres) en font en animal majestueux.
Il fréquente les massifs montagneux à falaises escarpées et les gorges encaissées afin d’y installer son aire à l’abri dans un endroit inaccessible. Le nid est formé de lichens, de touffes d’herbes et de branchettes. La nidation se situe dans la zone subalpine, au-dessous des terrains de chasse. La femelle pond, entre mars et juin, u,n à deux œufs qu’elle couve pendant quarante cinq jours, relevée de temps en temps par le mâle. En revanche, c’est la femelle qui s’occupe seule des petits pendant les deux premières semaines. Elle les nourrit de proies dépecées et qui ont été apportées par le mâle. Vers soixante dix jours, les aiglons quittent l’aire mais restent des mois avec leurs parents.
Cet animal sédentaire chasse sur un domaine d’environ 90km² Son alimentation est constituées de mammifères (marmottes, lièvres, petits carnivores …), d’oiseaux (lagopèdes, tétras, corneilles), ainsi que les petits reptiles et de charognes.